Publié le : 17/05/2021

Adaptation au changement climatique

par Webmaster

Typologie des risques climatiques extraite du projet européen RESIN (2020)

 

Depuis plusieurs années, l’Agence Européenne de l’Environnement produit des indicateurs d’évaluation du climat passé et projeté afin d’estimer la vulnérabilité des écosystèmes et de la société au changement climatique. En 2020, l’agence a réalisé à partir de ses indicateurs une série de photographies dressant un bilan des tendances observées sur la période 1981-2020.

 

La carte récit de l’Agence Européenne de l’Environnement :

https://experience.arcgis.com/experience/5f6596de6c4445a58aec956532b9813d

 

D’après les travaux du Groupe International d’Experts sur le Climat, les épisodes de précipitations extrêmes devraient devenir statistiquement plus fréquents : une pluie de période de retour de 20 ans pouvant d’ici la fin du siècle devenir une pluie de période de retour de 5 ans voire inférieure encore selon les régions et les scenarios d’émission de GES. A l’échelle européenne, l’évolution du régime des précipitations conduit à des épisodes pluvieux plus rares mais plus intenses ainsi qu’a des cumuls saisonniers plus contrastés.

 

Les projections climatiques régionalisées de Météo-France disponibles sur le portail DRIAS (maille de 12 km) montrent que sur la France métropolitaine, les variations du cumul de précipitations moyen entre hausse au nord et baisse au sud sont très incertaines du fait de la position de notre pays dans une zone de transition climatique continentale. Néanmoins, les variations saisonnières seront contrastées avec une hausse systématique en hiver +10% (+40% dans le scénario le plus pessimiste) et à l’inverse -10% à 20% en été.

 

D’après les projections issues du rapport spécial du GIEC en 2020, dans le scénario le plus optimiste l’élévation probable du niveau de la mer à l’échelle du globe atteint 0,43 m en 2100 par rapport au début du XXème siècle. Tous les scénarios d’émission convergent pour dire que les épisodes de niveaux marins extrêmes qui n’étaient atteints qu’une fois par siècle (évènement centennaux) seront récurrents, tous les ans au moins, dans la plupart des endroits d’ici à 2050 (degré de confiance élevé). Ce risque est d’autant plus préoccupant qu’il pourrait être aggravé avec l’érosion du trait de côte, menaçant par la même, des populations actuellement toujours plus nombreuses sur les littoraux. En France, la circulaire du 27 juillet 2011 a acté une hypothèse de hausse moyenne du niveau des mers de 60cm à l’horizon 2100.[1]

 

Par ailleurs, les conséquences de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes ne doivent pas nous faire oublier que les régions montagnardes constituent elles-aussi des zones particulièrement vulnérables au réchauffement climatique. Du fait de leur altitude, elles sont plus sensibles à l’augmentation des températures et la diminution du nombre de jours d’enneigement sur les sommets réduit le pouvoir réfléchissant du manteau neigeux. D’après le GIEC (2020), le débit des rivières dans les bassins versants de haute montagne changera quels que soient les scénarios d’émissions considérés (degré de confiance très élevé) avec comme conséquences un débit moyen accru en hiver (degré de confiance élevé) et des pics printaniers plus précoces (degré de confiance très élevé). Par ailleurs, ces territoires très contraints notamment par leur géographie doivent déjà composer avec plusieurs risques qui pourraient s’avérer plus prégnants dans les années à venir (degré de confiance élevé).

 

Dans les territoires français d’outre-mer, l’évolution des précipitations extrêmes est plus difficile à modéliser du fait des surfaces réduites mal représentées dans les modèles climatiques. Selon le GIEC, l’augmentation des épisodes de pluies extrême suit une tendance « vraisemblable ». L’augmentation du niveau de la mer va également avoir des conséquences majeures sur une grande partie de ces territoires. Les plus exposés aux submersions temporaires (voire permanentes à terme pour les plus basses) sont Saint-Barthélemy (sur plus de 7% de sa surface), Saint-Pierre-et-Miquelon (sur un peu moins de 7%), Saint-Martin et la Guadeloupe (environ 6%), devant la Guyane, la Nouvelle-Calédonie et la Martinique (3 à 4%). Concernant le risque cyclonique, la Caisse Centrale de Réassurance montrait en 2020 une augmentation attendue de 20 % des dommages liés aux cyclones en outre-mer à l’horizon 2050 dans le cas du scenario le plus pessimiste.

 

Concernant les dommages, la Commission Européenne dispose depuis 2007 des résultats des projets PESETA pilotés par son propre organe de recherche, le Joint Research Center. L’objectif de cette série de projets est de combler le déficit de connaissances sur les impacts du changement climatique et de l’adaptation.

 

Le programme PESETA IV a ainsi évalué les conséquences économiques des changements climatiques sur les pays de l’Union. Si les inondations fluviales figurent déjà parmi les évènements les plus coûteux à l’échelle européenne, avec le réchauffement climatique et l’urbanisation en zone inondable, les dommages directs liés aux inondations pourraient être multipliés par 6 d’ici la fin du siècle sans adaptation.

 

Dommage annuel et population exposée aux débordements de cours d’eau en Europe et au Royaume-Unis à l’horizon 2100 pour différents niveaux de réchauffement climatique avec et sans adaptation (JRC, PESETA IV, 2020).

 

D’après ces travaux, la France serait le pays où les dommages annuels modélisés seraient les plus importants si aucune stratégie d’adaptation n’était mise en œuvre. En France, selon la Caisse Centrale de Réassurance, les inondations représentent 73% des délégations du Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs sur la période 2009-2020.

Comparaison des dommages annuels prévus en 2100 selon différents scénarios d’adaptation pour un réchauffement climatique de +2°C (JRC, PESETA IV, 2020)

 

Les actions du CEPRI

  • Dès sa création en 2006, le CEPRI s’est saisi du sujet de l’adaptation en initiant une réflexion sur la prise en compte du risque inondation dans les Agenda 21.

 

  • En 2015, le CEPRI publie une plaquette de sensibilisation sur l’influence du réchauffement climatique sur les inondations et les stratégies à déployer pour y faire face dans la perspective de la 21ème Conférence des Parties (COP21) qui a donné lieu à l’Accords de Paris.

 

  • Puis afin de répondre à l’une des conséquences les plus visibles du réchauffement climatique, la montée du niveau de la mer, le CEPRI a publié un guide sur la gestion des risques littoraux (2016) entrepris d’accompagner l’élan des collectivités littorales sur la question de l’adaptation des zones côtières aux phénomènes de submersion marine dont la violence croissante accélère le recul du trait de côte et conduit à la disparition du foncier (voir page risque littoraux).

 

  • En parallèle, dans le cadre de ses activités européennes, le CEPRI a rejoint le forum des parties prenantes du projet H2020 ESPREssO « Enhancing Synergies for disaster PREvention in the EurOpean Union » dont l’objectif est de rapprocher la communauté de la prévention des risques de celles de l’adaptation au changement climatique.

 

  • En 2017, le CEPRI a contribué à l’élaboration 2ème Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC2) en participant au groupe de travail « prévention et résilience » coordonné par la DGPR. Depuis, plusieurs outils de planification territoriale présentés ici ont permis de structurer les démarches d’adaptation au changement climatique.

 

 

  • Depuis fin 2019, le CEPRI a rejoint le programme Life ARTISAN : « Accroître la Résilience des Territoires au changement climatique par l’Incitation aux Solutions d’Adaptation fondées sur la Nature » pour lequel il réalise un guide sur l’utilisation des Solutions fondées sur la Nature en France et en Europe pour prévenir des inondations (débordements de cours d’eau, submersion marine, ruissellement) et s’adapter au changement climatique et anime un groupe de travail thématique « eau ».

 

Pour en savoir plus :

https://ofb.gouv.fr/le-projet-life-integre-artisan

https://www.cepri.net/solutions-fondees-sur-la-nature.html

 

  • Par ailleurs, le CEPRI intervient régulièrement sur le sujet de l’adaptation aux changements climatiques : colloque « Littoral et changement climatique » organisé par la SHF en 2019 ou en 2020, colloque du Forum international de la Météo et du Climat sur « la place de l’eau dans les stratégies d’adaptation au changement climatique » pour expliquer en quoi la prévention des inondations peut constituer un terrain d’expérimentation pour l’adaptation au changement climatique.

 



[1] www. bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/fiches/BO201115/ met_20110015_0100_0021.pdf


 

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