L'importance des réseaux
Une part importante des dommages et des atteintes lors d’une inondation, découle de l’interruption des réseaux, qu’il s’agisse des voies de communication, des réseaux électriques ou téléphoniques, ou de réseau d’eau potable ou d’assainissement. L’atteinte peut avoir des conséquences importantes sur la santé humaine, sur la vie et l’activité économique du territoire, par exemple si plus de 60.000 personnes n’ont pas d’accès à l’eau potable pendant plus d’une semaine comme cela s’est produit sur la Loire à Nevers et Gien lors de la crue de Décembre 2003. Les répercussions médiatiques peuvent être très fortes aussi pour le gestionnaire, comme le montre l’écho fait, dans le rapport national de retour d’expérience sur la crue de juillet 2007 au Royaume Uni, à la rupture d’alimentation en eau potable de 350.000 personnes, suite à l’inondation d’une unité de traitement des eaux.
Les réseaux ont aussi la capacité à aggraver la situation par un effet domino : l’absence de courant provoque l’arrêt des stations de traitement des eaux, surtout si les groupes électrogènes de secours n’ont qu’une ou deux journées d’autonomie de combustible et que les voies d’accès sont coupées !
Les réseaux peuvent répercuter la crise en dehors de la seule zone inondable : la coupure des voies de communication ou de certains réseaux (eau, assainissement, électricité, téléphone, internet) peut conduire à devoir évacuer des personnes qui ne sont pas touchées directement par les inondations mais ne peuvent résider chez elles. Ce sera par exemple le cas en région parisienne pour une crue de type 1910 si elle survient en période de grand froid. Les entreprises hors de la zone inondable peuvent être conduites à gérer une interruption des flux de matières premières ou de besoins primaires (eau, électricité) ou une absence de personnel incapable d’utiliser les transports en commun ou de venir par leurs propres moyens.
La loi de modernisation de la sécurité civile d’août 2004 a pris la mesure du rôle aggravant que peuvent avoir les réseaux dans la gestion d’une crise et créé des obligations pour les gestionnaires de ces réseaux.
Mais c’est beaucoup par la concertation que se réalise la prise de conscience : c’est à la suite de la mise en place d’un groupe de travail au sein de la Préfecture de zone de défense pour l’Ile de France, par la Préfète Merli, qu’un état des lieux a été dressé à partir de 2001 et que les gestionnaires ont pris la mesure de leur interdépendance.